27 oct 21

220. Primo Levi, Le système périodique, suite (7)

§ 6, « Nickel ». C’était donc un document ambigu, mi- glorieux et mi- méprisant, mi- absolution et mi- condamnation. L’écrivain évoque ici son titre de doctorat en chimie, octroyé avec félicitations, à Primo Levi, de race juive. Il évoque à nouveau le contexte historique (invasion de la Pologne, de la Norvège, de la Hollande, de la France, de la Yougoslavie, et entrée en Russie des troupes allemandes), et la visite d’un lieutenant de l’armée italienne royale, que Levi voit comme Mercure, en ange annonciateur […] porteur du message céleste qui va changer votre vie. Double référence antique et biblique (cf. « Zinc », Aristote/Plotin/Hermès Trismégiste : Antiquité et hermétisme, Job dans « Potassium »). Le « messager » Mercure, le dieu romain du commerce, anticipe le huitième chapitre, «  Mercure ». Mais il s’agit ici de nickel, présent en très faible quantité dans des résidus stériles, eux-mêmes extraits en secret dans une mine secrète. Le lieutenant propose à Levi de travailler dans cette mine comme chimiste, à condition de taire sa condition de juif et de n’en souffler mot à personne. C’est une manière d’enterrement…(Je pense au philosophe juif allemand Günther Anders/Stern : il a changé de patronyme pour signer ses articles de journaliste. Anders signifie autrement en allemand.) Nous sommes le 7 décembre 41, Pearl Harbor est attaqué par le Japon. Dans les premiers temps, Levi doit faire des analyses quantitatives sur des échantillons de roche : l’échantillon à analyser n’était plus une poudre anonyme manufacturée […] c’était un morceau de roche, un morceau des viscères de la terre, arraché à la terre à coups de mine. Levi se réconcilie avec la chimie, il établit avec les échantillons un lien charnel (comme Sandro avec le fer) et va jusqu’à personnifier la terre (je n’étais pas habitué à un tel débordement lyrique, si l’on peut dire). Levi reprend ici l’une des croyances de la mythologie lithique : les pierres sont engendrées et mûrissent dans les entrailles de la Terre. Croyance héritée de l’antiquité gréco-romaine (cf. Mircea Eliade, chap. « Terra Mater, pietra genitrix », in Forgerons et alchimistes, 1977). Allusion qui reste très discrète, là n’est pas l’essentiel. Levi achoppe sur une difficulté : comment enrichir les 0,2 % de nickel présents dans la roche ? Il va parvenir à l’enrichir à 6 % : Enfin, je croyais avoir pris une revanche non ignoble sur ceux qui m’avaient déclaré biologiquement inférieur. Vraie victoire technique, mais surtout victoire symbolique, sur le terrain de la Nature : lui, le juif « inférieur », prouve par l’exemple, scientifiquement, que le discours fasciste (produit de « l’Esprit ») est fallacieux. Lui, chimiste, devient métaphoriquement un alchimiste capable d’enrichir un métal issu de la terre.

221. Curieuse synchronicité : alors que je feuillette le livre de Mircea Eliade, je tombe sur ceci : Eliade fait allusion au Bergbüchlein, premier livre allemand sur les traditions métallurgiques et alchimistes, imprimé à Augsburg en 1505. Eliade précise : Dans la préface de son De re metallica(1530), Agricola attribue le Bergbüchlein à Colbus Fribergius, médecin distingué – non ignobilis medicus – qui vivait à Freiburg, parmi les mineurs dont il expose les croyances et les pratiques qu’il interprète à la lumière de l’alchimie. Et voici cette synchronicité : Levi évoque une victoire non ignoble, ce qui en italien doit se traduire par no ignobile, et je retrouve la périphrase latine non ignobilis medicus, traduite par médecin distingué. L’étymologie latine irrigue le français et l’italien dans cette rencontre étonnante. La traduction de la phrase italienne par André Maugé m’étonne tout d’abord. Une revanche «  non ignoble » se justifie bien sûr lorsqu’on met en regard, comme le fait Levi, l’expérience chimique victorieuse sur le nickel et son titre de docteur ès chimie accordé de façon ambigüe par la Faculté italienne à un chimiste «  de race juive » ; mais à la réflexion, la tournure négative est un choix judicieux : ignoble est d’abord l’antonyme de noble : est ignoble au XIVe siècle la personne roturière, de basse extraction (c’est le sens latin de non ignobilis medicus) ; puis l’adjectif prend au XVIIe le sens moral de celui qui se conduit comme un roturier. La victoire non ignoble de Levi peut s’entendre comme remarquable, distinguée, et dément les thèses raciales fascistes, sous-entendues « ignobles ». Le non ignoble du titre de dottore contrecarre la thèse des êtres biologiquement inférieurs, exprimée à travers l’utilisation que font les idéologues nazis du mot Untermensch, «sous-homme ».

222. Primo Levi évoque en fin de chapitre le sort tourmenté de deux histoires de minéraux, qui ont, comme leur auteur, connu les bombardements et les fuites. Je n’ai pas voulu les abandonner, continue-t-il, le lecteur les trouvera aux pages suivantes, insérées, comme le rêve d’évasion d’un prisonnier, parmi ces histoires de chimie militante. Ces deux textes sont « Plomb » et « Mercure ». Admirable comparaison de ces textes à un rêve d’évasion de celui qui fut déporté. Les deux derniers mots, chimie militante, précisent explicitement la lecture que l’on peut faire de son utilisation du système périodique de Mendeleïev, incarnée tant dans l’activité de chimiste (son doctorat, sa survie à Auschwitz) que dans la production littéraire.

223. Deux textes de fiction revendiquée : voir les différences avec les autres chapitres, en dehors de la seule distinction fiction/non-fiction : statut de rêve d’évasion d’un prisonnier ? L’utilisation de la fiction apporte-t-elle quelque chose d’autre ? Quoi ? Histoire fictionnalisée ? Fiction historicisée ? (voir Ricœur, Temps et récit).

224. Mine, pierres, je ne cesse de hanter ces espaces minéraux. Les Archéologies ferroviaires font la part belle à la mine de charbon, à la carrière à ciel ouvert, au carreau, à l’exploration poétique d’un inframonde. J’avais lu le magnifique LEcriture des pierres de Roger Caillois (1970), indépassable à mon goût. Caillois évoque sa fréquentation de certaines pierres. Je cherche à comprendre ce qui ici s’agite…Un rêve utérin ? Terra matrix ? Régression fœtale ? Oui, sans doute. Mais pas seulement. Fascination du silence pétré. Beauté minérale.

« Je suis belle, ô mortels ! Comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière ».

Silence, intemporalité, indifférence à l’agitation humaine, temps géologique, chtonien, failles, perfection, chaleur et figement, saisissement par le froid, catabase, magma.

Je viens de me procurer, pour tenir compagnie à un joli morceau de shungite, une hématite (Maroc), une malachite piquetée d’azurite (Maroc), une petite rose des sables (Sahara). Rien de fortuit dans ces achats. Shungite et hématite sont des échos lointains du noir travaillé en atelier de gravure (eau-forte Stratigraphie visible dans Archéologies ferroviaires), du noir visité lors d’une danse butô à Yokohama, du noir des terrils et de la mine de charbon à Anzin, du noir comme ma couleur fétiche (avec le rouge) pendant de nombreuses années. La rose des sables : un élément du projet Algérie. Toujours en gésine tellurique.

20 oct 21

image Wikipedia

206. Des rapports entre structure extérieure au texte et le texte lui-même : Primo Levi, Le système périodique, suite (2).

Exergue : ibergekumene tsores iz gut tsu dertseylin. (C’est un plaisir de raconter les ennuis passés.) Proverbe yiddish.

Entrée dans le texte par un proverbe de la sagesse populaire juive, qui prépare le premier épisode du livre, « Argon ».

§ « Argon » : un gaz « inerte », à l’image des autres gaz (xénon, etc.) Levi compare explicitement des gaz «nobles, inertes et rares », dont « l’histoire est très pauvre » « comparée à celle d’autres et illustres communautés juives d’Italie et d’Europe ». Il dresse une généalogie de ses ancêtres, « personnages mythiques », dont les patronymes signalent une origine toponymique piémontaise. Etonnamment, je lis ceci : «  le nom de la petite ville de Lunel, entre Montpellier et Nîmes, a été traduit de l’hébreu jareakh (lune), d’où est dérivé le nom judéo-piémontais de Jarach. » Voisin de cette ville, je retrouve avec plaisir un lointain rapport avec l’écrivain Levi.

Levi fait une galerie de portraits savoureux, en apportant un soin particulier à l’origine de leur nom, au jargon qu’ils utilisaient, « tirés tels quels du rituel et de livres sacrés que les juifs nés au siècle dernier lisaient plus ou moins couramment dans l’original hébreu, et comprenaient souvent en bonne partie, mais dans l’usage dialectal, ils tendaient à en déformer ou à en élargir arbitrairement l’aire sémantique ». Raconter les aïeux, c’est raconter leur langue hybride, entre l’hébreu et l’italien. C’est dire l’histoire ininterrompue, malgré la Shoah. Plus subtilement, Levi met dans la balance un gaz qualifié d’« Inactif » (l’argon, donc) et la lignée judéo-piémontaise, du 15e siècle jusqu’à son propre père, au bénéfice de cette lignée. Un gaz, donc, qui n’a pu faire taire les noms juifs que Primo Levi raconte avec délectation, dans les méandres linguistiques de dialectes et jargons. Je le rapproche du gaz utilisé pour mettre à mort les millions de victimes juives, gaz symboliquement déclaré inerte, inactif, devant la richesse de l’histoire de ses ancêtres. Levi est ici au plus près de la langue, du système linguistique. Il achève ce premier texte par une note sur la graphie, qui explicite la prononciation des lettres h, kh, ô et u. Car il importe que ces lettres puissent être encore prononcées (c’est l’enjeu de l’œuvre de Primo Levi), et qu’elles le soient conformément à l’usage de ses locuteurs. Ainsi, Levi réaffirme la légitimité historique et sacrée des Juifs à travers la langue :

Dans le cas de ces oncles atteignant un âge avancé (nous sommes, depuis Noé, des gens dotés de longévité), l’attribut de barba [oncle] ou de magna [tante], tend à se confondre lentement avec le prénom et, avec le concours de diminutifs ingénieux et d’une analogie phonétique insoupçonnée entre l’hébreu et le piémontais, se fige en appellations complexes, au son étrange, qui se transmettent ensuite, inchangées, de génération en génération en même temps que l’histoire, le souvenir et les dits de ceux qui les ont si longtemps portées.

La langue, dans ses avatars historiques, permet la transmission de l’héritage culturel, riche d’une histoire qui dépasse celle d’un gaz inerte, l’argon, utilisé pour nommer le gaz nazi. Il s’agit ici d’une métonymie (argon mis pour Zyklon B), dans une réappropriation par l’écrivain de sa propre histoire, de son propre rapport aux noms (propres et communs). L’utilisation d’un gaz du tableau périodique pour servir de comparant (argon/ancêtres), qui en évoque un autre (le gaz nazi), dénote également les connaissances du chimiste Levi, qui rappelle que

l’argon […] [est] présent dans l’air dans la proportion respectable de 1 pour cent, c’est-à-dire qu’il y est vingt ou trente fois plus abondant que l’anhydre carbonique, sans lequel il n’y aurait pas trace de vie sur cette planète.

Le savoir du chimiste rappelle aussi que l’argon est essentiel à la vie, ce mot est le titre du chapitre inaugural, il est aussi lié, par contamination dans la comparaison argon/ancêtre, au destin des Juifs.

Donc, premiers éléments de réponse à ma question sur les rapports structure préexistante/texte : tous les éléments sont à prendre en compte ; Levi opère un détournement du système périodique au profit du système linguistique et d’une étude assez poussée (phonologie, étymologie, etc.) ; la contrainte structurale apparaît assez faible (pas à la Perec) ; la contamination du sens est explicite dans la comparaison, implicite dans la métonymie, qui semble ici le trope de la distanciation. Le tout au service du « plaisir de raconter des ennuis passés », euphémisme au regard de la Shoah.

207. Aujourd’hui, reçu Dans l’ordre des choses : 107 récits avec objet, Tiers-Livre. Le rapport à l’objet est essentiel pour moi, comme médiation avec la réalité matérielle du monde. J’ai choisi d’écrire, dans ce livre, un texte sur le pied à coulisse, celui-là même qui a appartenu à mon père dans ses études techniques, que j’ai récupéré dans sa boîte en bois, et dont je me sers à l’occasion. Dans Algérie, les objets ne sont pas présents à titre de lest référentiel, pour assoir le texte dans la réalité et lui conférer, comme l’a écrit Barthes, un effet de réel. Non, les objets que je cite sont une interrogation sur leur matérialité, sur la façon dont ils nous traversent plus qu’ils nous servent, sur ce qu’ils disent de notre rapport à l’espace et au temps.

208. Revenir sur l’objet « barbelé ». Lire « un versant de la guerre d’Algérie : la bataille des frontières 56-62 », Charles-Robert Ageron, Revue d’histoire moderne et contemporaine, 1999. Question de la frontière (Algérie-Tunisie), de la ligne Morice-Challe, que mon père « gardait » en tant qu’électromécanicien. Génératrice électrique (au diésel, j’imagine). Plus tard, mon père s’occupera d’usines de potabilisation d’eau : grosses machines bruyantes. Je me rends compte que, depuis les machines d’un navire, d’un sous-marin, d’une génératrice, de compresseurs, il aura toujours été un homme de la technique (mais cela seul ne le définit pas).

18 oct 21

200. Quels sont les rapports entre une structure préexistante à l’œuvre et son investissement imaginaire et symbolique par l’écrivain ? Primo Levi dans Le système périodique (1975) investit la table périodique des éléments de Mendeleïev (1869). Levi utilise 21 éléments (sur les 118 existants), qui donnent le titre de ses chapitres. Pourquoi se couler dans un tel moule ? 1/ affinité : Levi est chimiste, et c’est grâce à sa formation qu’il va pouvoir travailler comme chimiste à Auschwitz (et pouvoir prendre des notes), la chimie est consubstantielle à son existence, elle en est même la garante, au moins « dans les derniers mois de détention » écrit-il. 2/ Le tableau est un cadre rationnel : il « représente tous les éléments chimiques, ordonnés par numéro atomique croissant et organisés en fonction de leur configuration électronique, laquelle sous-tend leurs propriétés chimiques » (Wikipedia). Cette table de symboles constitue l’assise du monde. Héritage du Traité élémentaire de chimie, présenté dans un ordre nouveau et d’après les découvertes modernes de Lavoisier (1789), qui regroupe les « substances simples » qu’on ne peut décomposer. On peut penser qu’imaginairement, le recours à ce tableau permet un regard atomiste sur l’humain, comme plus petit dénominateur commun de l’humanité, rationnellement théorisé et expérimenté. A rebours de l’arbitraire terrifiant du camp où hier ist kein warum, (ici il n’y a pas de pourquoi), négation du droit à poser une simple question. 3/ Levi entreprend donc de reprendre 21 éléments du tableau, avec lesquels il tente de classer vingt-et-un épisodes de sa vie, placés sous le signe d’un élément. Levi déclare que « ce n’est pas un manuel de chimie […] mais l’histoire d’un métier et de ses défaites, victoires et misères, telle que chacun désire la raconter… »

Lien organique entre symboles chimiques, rapport métonymique ? <à compl.>

201. Le titre Le système périodique laisse entendre qu’il s’agit du système périodique de Mendeleïev, alors qu’il en est un détournement, un emprunt, un prélèvement. Détournement au profit d’une écriture autobiographique, même si Levi s’en défend (« ce livre n’est […] même pas une autobiographie »), emprunt d’éléments (surtout des métaux, des gaz), prélevés en chimiste pour faire réagir titre et récit. Voilà ce qui m’intéresse particulièrement : les rapports entre le tableau de référence universel, des éléments retenus (« Argon », « Hydrogène », « Zinc »…), ce que Levi en a retenu pour son livre, et le rapport précis entre chaque titre et le récit particulier qu’il coiffe. Soit étudier un ensemble de relations de glissement (voir d’ailleurs s’il y a métaphore) de l’universel scientifique au particulier littéraire, du biographique à l’autobiographique (et réciproquement), de l’histoire universelle à l’histoire individuelle, etc.

202. J’ai commencé à utiliser une forme préexistante (le bestiaire : Physiologos, puis bestiaires médiévaux, vision religieuse, H > animaux, etc.). Pourquoi le bestiaire ? Début de réponse : deux « bêtes » rapportées en France depuis l’Algérie par Michel (le caméléon et l’iguane), l’évocation du chien que mon père a « eu » en Algérie ; mon désir souterrain d’établir un parallèle entre la vie guerrière des hommes et celle des animaux, comme un contrepoint, un pas de côté. J’utilise aussi la citation de «  La mort du loup » de Vigny (écrit comme un apologue où l’homme est dépeint en chasseur cruel) pour tisser un lien thématique (chasseur-militaire-cruauté) qui n’est pas gratuit, car ce sont les seuls vers poétiques que j’ai jamais entendu mon père déclamer. Marqué aussi par un texte de Derrida sur le regard de l’animal (réf ?)

203. Pourquoi, de façon générale, l’utilisation d’une ou de plusieurs contraintes ? Vieille histoire (les poèmes à forme fixe par ex. cf. Baudelaire, « parce que la forme est contraignante, l’idée jaillit plus intense »). La contrainte préexiste, est extérieure à l’œuvre (cf. Cahier des charges pour La vie mode d’emploi de Perec : par ex. l’immeuble du 11 rue Simon-Crubellier est un carré de 10 x 10 appartements, décrits selon le déplacement en L du cavalier aux échecs, exhaustivement et sans répétition). Contrainte comme « technique consciente du roman » (Queneau) qui libère l’imagination. Chez Perec, besoin de cadres, de définir des espaces. Peut-être y a-t-il quelque chose de semblable chez Levi, qui à la différence de Perec, a) dévoile la structure contraignante en titre, b) respecte une contrainte beaucoup moins lourde que chez Perec. Peu importe : le choix d’une contrainte répond à un besoin, ce qui semble d’abord contre-intuitif, de créer des espaces autres balisés par des termes (à la fois les mots et les termes antiques qui délimitaient un terrain ou matérialisaient une frontière.) Recourir à un système, entendu comme « construction théorique cohérente, qui rend compte d’un vaste ensemble de phénomènes » (TLFi), antérieur au texte, signifie s’appuyer sur un ordre préétabli, dont le texte est finalement un épiphénomène, une validation par l’expérience de la pertinence du système. A ceci près qu’il y a déplacement du champ scientifique au champ littéraire.

201. Outre la contrainte formelle, une exigence éthique : ne pas romancer. Pas loin de Rousseau (préambule des Confessions : « j’ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l’être, jamais ce que je savais être faux »).

202. Une biographie poétique.

203. Ce carnet est aussi traversée des livres. Résurgences nombreuses, je les note et m’en débarrasse. Poinçonner est une oblitération passagère (Rousseau reviendra-t-il ?).