7 septembre 21

118. Parvenu à environ la moitié du Silence des appelés. Remué par des pages où l’auteur évoque les traumatismes des soldats qui reviennent en France et tentent de reprendre le fil de leur vie. Je n’ai su que par allusions de ma mère à quel point mon père a été traumatisé. Souvenir : il détestait les armes à feu. Il n’existait pas de prise en charge psychologique ou psychiatrique pour ce retour en France. Dépressions, suicides, névroses traumatiques, insomnies, mutisme. C’est l’impensé total de la société civile, qui a vu de loin cette guerre, dans une relative indifférence. L’auteur parle d’un conditionnement des soldats par les autorités : manichéisme, violence permise, parfois encouragée. Chapelet des horreurs universelles : massacres, exécutions sommaires, torture, viols. Exécutions et mutilations aussi de la part du FLN.

119. Question du libre-arbitre sur le terrain, du rapport personnel à l’autorité, du discours politique, de la méconnaissance de la situation des populations algériennes, de la culture musulmane…terreau propice à un racisme « réflexe » où se mêle la peur pour sa propre vie, le refus de combattre pour une  cause  mal comprise, le colonialisme.

119. Conférence de Benjamin Stora à regarder (Fondation Jean Jaurès) : Comment écrire l’histoire de la guerre d’Algérie ?

120. Note : faire occuper au discours français dominant une place importante dans A. Faire sentir le rapport des forces (insurrection, contre-insurrection ; guérilla) dans la langue-même. Dimension agonistique. L’euphémisme «  pacification » comme déni de la réalité, vidée de sa cruauté. Silence imposé par le Pouvoir (cf. Propos de Mitterrand à l’Intérieur), puis silence assumé de nombreux combattants, d’où les traumatismes.

121. Rien écrit aujourd’hui. Pas de fourmi. Mais échange fructueux avec Caroline D. sur l’écriture de l’absent.