28 et 29 janv 22

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416. Inerties : du texte s’écrivant, du corps l’écrivant. Deux inerties en opposition et en complémentarité. Il faut ce qu’en mécanique on appelle un différentiel qui permette de garder le même couple malgré des vitesses différentes. Il est bien mystérieux, il se donne, il n’est justement pas mécanique. En son absence, ça craque, ça râcle : j’arrête.

417. Amplification : les commentaires générés par ma demande s’accumulent viralement par folle mitose, qui n’a apporté aucun élément de réponse supplémentaire.

418. Numéro de Géo Histoire fév/mars 22 consacré à la guerre d’Algérie.

419. Reconnaissance de la fusillade du 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger par Macron. Repris par des médias algériens, dont observAlgérie.com :

« Ce jour-là, des soldats du 4e régiment de tirailleurs, firent feu sur une foule qui manifestait, attisée par l’OAS, son attachement à l’Algérie française. Ce jour-là, des soldats français, déployés à contre-emploi, moralement atteints, ont tiré sur des Français. Il est plus que temps de le dire. Ce qui devait être une opération de l’ordre s’acheva en massacre », « et je le dis aujourd’hui haut et clair : ce massacre du 26 mars 1962 est impardonnable pour la République. Toutes les archives françaises sur cette tragédie pourront être consultées et étudiées librement ».

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420. Un membre du réseau social m’apprend que

En plus de la ligne barbelée électrifiée et du champs de mines, elle était doublée par une piste pour les E. B. R. et d’emplacements de radars souvent servis par la Marine.

Je lui demande ce que signifie E.B.R. : il me propose une doc très précise sur l’EBR ou engin blindé de reconnaissance.

421. Lecture de quelques magnifiques Fragmes de Jacques Dupin, (1991). Je cale sur la proposition #03 de « vers un écrire/film » : problème de différentiel (voir 416).

26 janv 22

415. Ma demande postée sur le réseau social FB a généré 116 commentaires des membres du groupe, en moins de 24 heures. En émergent deux réponses contradictoires. Je demandais à quelle zone géographique précise correspondait le SP (secteur postal) 88170. A priori « dans le sud oranais » ; mais un autre membre précise « Les barrages étaient plus à l’est et à l’ouest, aux frontières. » Une autre demande, il y a quelques mois, concernant le fait de fumer à bord d’un sous-marin (ce qui se faisait), postée sur un autre groupe, avait généré de très nombreuses réponses, souvent redondantes : il s’agit moins d’informer que de faire part de sa propre expérience. Le nombre de réponses a des allures vertigineuses (j’imagine bêtement 116 personnes dans mon bureau, à me répondre très rapidement). Autant de réponses créent un flou, une écume verbale, un brouhaha perçu derrière une vitre, mouchetée de petites notifications rouges (un chiffre blanc dans une puce rouge) ; 116 puces so far. Un autre post tombe tandis que j’écris ces lignes : « il était peut ètre du coté de nemours a 170km au sud d’oran ». Peut-être. Je ne l’ai jamais entendu citer ce nom, mais qui sait. Je poste donc deux autres photos, une de groupe où mon père est entouré de sept autres marins, une autre prise en plein désert, son cantonnement. Minuscules fioles à la mer.

Source photo https://www.postenavalemilitaire.com/t2695-nemours-tlemcen-oran

Découvrez le projet Fukushima Open Sounds

Un projet artistique international mené au Japon et à Fukushima par Dominique Balaÿ

Présentation du livre de Ludovic Bernhardt, Réacteur 3 [Fukushima], podcast de ma lecture, son making-of (choix techniques et musicaux) & les raisons qui m’ont poussé à participer, tout cela à la rubrique Collaborations

25 janv 22

414. Je n’en fais guère état ici, pourtant je cherche de temps à autre sur un groupe Facebook consacré à la guerre d’Algérie. Groupe extrêmement actif, pas une journée ne passe sans des billets montrant photos d’époque, recherches d’anciens militaires, photos récentes, décorations, avis de décès…Souvent, la douleur s’y exprime : extrêmes difficultés des conditions de vie, des récits d’embuscades, d’accrochages. Des tranches de vie à hauteur d’homme, racontées par ceux qui y étaient. Amertume de certains « lâchés par De Gaulle », parfois des commentaires réactionnaires sur la « jeunesse d’aujourd’hui », qui manquent de clairvoyance (bonheur pour la « jeunesse » de ne pas avoir à se battre sur le terrain, malheur de vivre la pandémie, la récession économique, le pilotage à vue d’un gouvernement technocratique et souvent hors-sol, etc.). Mais la claire conscience d’un devoir de mémoire, car tout n’est pas encore réglé ; à lire ces nombreux témoignages quotidiens, je vois les traces indélébiles laissées dans les consciences et les corps. J’avance, je complète des chapitres par touches successives, je corrige, je modifie. Ca prend doucement forme.