12 oct 21

180. Rêve remarquable cette nuit : mon père est vivant, je sais qu’il va mourir, j’ai peu de temps pour lui parler (une soirée) et lui demande quels sont les lieux qu’il a connus en Algérie. Il sourit. Je lui dis : Arzew, il acquiesce. Les Aurès ? Oui. Colomb-Béchar ? Oui. Puis il m’en cite un autre, que j’ai perdu au réveil. Je sais que ce nom comporte trois au quatre syllabes, et que la dernière finit par ya, yo ou ye. Sans doute ce nom n’est-il qu’un toponyme sur la carte de mon inconscient. C’est le nom qui manque, le lieu où inconsciemment il est, c’est-à-dire un ailleurs innommé. Dans l’imminence de sa disparition, je lui demande de confirmer des noms…

181. Tentation de l’analyse sauvage, mais j’en reste aux faits : a) j’ignore la plupart des endroits où il est allé de janvier 58 à janvier 63 – j’ai néanmoins les escales du navire Le Savoyard sur lequel il servait – b) les noms de mon rêve sont des noms qu’il a évoqués (pas certain pour les Aurès) – c) ce projet me travaille consciemment et inconsciemment – d) le nom qui manque à se dire signifie tension vers lui, le nom – e) ce nom tronqué n’est qu’un bout de signifiant (qui pour l’heure est en déshérence)- f) les deux ou trois premières syllabes, c’est bien le réel dont parle Lacan, expulsé de la réalité par le symbolique (ici les autres toponymes et la syllabe orpheline), ou encore l’impossible, qui ne cesse pas de ne pas s’écrire, ce vers quoi je tends. Et voilà que l’adjectif « orpheline » a surgi : c’est un élément de réponse. g) Les toponymes ainsi que la syllabe orpheline sont des traces mnésiques et, comme telles, des signes comparables à une lettre, précipitation du signifiant.

2 réflexions sur “12 oct 21

  1. Le nom du père qui dit la perte impérative et l’appairage, oui. J’ai entendu nouvellement ces mots en te lisant. Merci.

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